vendredi 1 avril 2016

Pages romantiques

















Les œuvres pour piano de Frédéric Chopin sont au programme des derniers «Mardis classiques» de la saison de l’Espace Croix-Baragnon et du récital de Grigory Sokolov à la Halle aux Grains.

Célèbre pianiste du XXe siècle, Alfred Cortot déclarait à propos des quatre Scherzos signés Frédéric Chopin : «Ce sont des jeux, cependant, mais terrifiants ; des danses, mais enfiévrées, hallucinantes ; elles semblent ne rythmer que l'âpre ronde des tourments humains ». Pour ces pièces écrites entre 1832 et 1841, le compositeur se réapproprie un genre musical traditionnel, comme il le fit avec les Nocturnes ou les Polonaises, pour le transcender audacieusement. Empreintes d’un romantisme tourmenté, ces œuvres sont au programme du récital d’Olivier Chauzu donné à l’Espace Croix-Baragnon, centre culturel de la ville de Toulouse. Le musicien interprètera également la Première sonate de Schumann, contemporain de Chopin.

Toujours à l’Espace Croix-Baragnon, Philippe Cassard termine la saison de ses «Notes du traducteur» avec la Troisième sonate pour piano de Chopin. Pour illustrer ses propos éclairés, cette dernière conférence musicale sera l’occasion de l’entendre jouer cette partition écrite lors de l'été 1844. Durant cette période heureuse de sa vie, au cours de laquelle il livra quelques-unes de ses plus belles pages, le compositeur résidait alors à Nohant-Vic, avec George Sand dont il fut le compagnon pendant une dizaine d’années. C’est la dernière des sonates écrites par Chopin pour son instrument de prédilection, dont il était un virtuose précoce et célébré.

La Première sonate est une œuvre de jeunesse composée à 18 ans, et la deuxième est aujourd’hui célèbre pour sa marche funèbre. Écrite en 1839, celle-ci fut mal comprise par ses contemporains, ces derniers la jugeant incohérente. Elle inspira ces mots à Robert Schumann : «Un certain génie impitoyable nous souffle au visage, terrasse de son poing pesant quiconque voudrait se cabrer contre lui et fait que nous écoutons jusqu’au bout, comme fascinés et sans gronder… mais aussi sans louer : car ce n’est pas là de la musique. La sonate se termine comme elle a commencé, en énigme, semblable à un sphinx moqueur».

La Deuxième sonate est au programme d’un récital de Grigory Sokolov (photo) donné à la Halle aux Grains, à l’invitation des Grands interprètes. Musicien à l’exigence extrême, poète délicat habité par la musique, le pianiste russe né en 1950 enregistre peu et ne se produit plus aujourd’hui qu’en solo. Aussi perfectionniste que généreux, ce monstre sacré du piano jouera également des œuvres de Schumann.


Jérôme Gac


Autour des romantiques :
P. Cassard (piano), mardi 12 avril, 18h15 & 21h00 ;
O. Chauzu (piano), mardi 19 avril, 18h15.
À l'Espace Croix-Baragnon, 24, rue Croix-Baragnon, Toulouse.
Tél. : 05 62 27 60 60.


G. Sokolov, mardi 3 mai, 20h00, à la Halle aux Grains,
place Dupuy, Toulouse. Tél. : 05 61 21 09 00.

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