samedi 3 juin 2017

Le roi du bel canto














Clôturant la saison des Grands Interprètes à Toulouse, le ténor Juan Diego Flórez se produit en récital à la Halle aux Grains avec le pianiste Vincenzo Scalera.
 
Déjà riche en événements, la saison toulousaine des Grands Interprètes s’achève à la Halle aux Grains par la venue d’un ténor extraordinaire : le Péruvien Juan Diego Flórez. Phénomène vocal et belcantiste unique, il offrira un programme d’airs d’opéras de Mozart ("Mitridate", "L’Enlèvement au sérail"), Puccini ("Gianni Schicchi","La Bohème"), Verdi ("Les Lombards","La Traviata"), Massenet ("Werther"), Rossini ("Sémiramis"), ainsi que des mélodies de Rossini et de Leoncavallo, accompagné au piano par Vincenzo Scalera. 


Né à Lima en 1973, il débute ses études musicales à l’âge de 17 ans, au Conservatoire national du Pérou. «Après trois ans de Conservatoire, j’ai décidé de tenter ma chance aux États-Unis. Ma mère a vendu sa Renault 4L pour me payer mon billet d’avion pour New York. Tout n’est pas arrivé d’un coup, j’ai chanté dans le métro avec ma guitare et il fallait voir la tête des gens quand ils entendaient une voix classique dans un tel lieu. J’ai finalement intégré le Curtis Institute de Philadelphie, parce qu’il proposait des bourses à ses élèves. En 1994, je suis retourné au Pérou pour les vacances, et c’est là que le chanteur d’opéra Ernesto Palacio a accepté de m’écouter chanter. Le lendemain, il m’a proposé d’enregistrer un CD avec lui. C’était une chance inespérée !», racontait le ténor dans les colonnes de l’hebdomadaire Paris Match, en 2007.


Sa carrière explose au Festival Rossini de Pesaro en 1996, lorsqu’il remplace au pied levé le chanteur qui tient le rôle principal dans "Matilde di Shabran", alors qu’il était engagé pour un petit rôle. Son impressionnante agilité vocale lui ouvre aussitôt les portes de La Scala de Milan, où il se produit dans la foulée sous la direction de Riccardo Muti. Partout dans le monde, il enchaîne les succès dans le répertoire du bel canto, en particulier avec le périlleux air «Ah ! mes amis» dans "la Fille du régiment", de Gaetano Donizetti, où neuf contre-ut s’enchaînent en seulement une poignée de minutes. C’est ainsi qu’en 2007, l’histoire de l’opéra vacille lorsque le public en transe de La Scala le contraint à interrompre la représentation – dans une fameuse mise en scène de Laurent Pelly – pour chanter une seconde fois cet air gorgé de suraigus. 


Alors que cette pratique a été exclue des scènes lyriques depuis soixante-dix ans, le miracle se répète lors de présentation de cette production au Metropolitan Opera de New York. «Je ne crois pas que j’ai un don particulier ou une belle voix au départ. J’ai surtout énormément travaillé. J’ai trouvé en moi mon son et ma technique, et j’ai fait fructifier la sensibilité que j’avais. J’ai une certaine rigueur et j’ai beaucoup travaillé mes aigus pour qu’ils soient ronds. Mais la voix est aussi l’expression de vos sensations, c’est tout le mystère du chant, un art abstrait...», confessait à l’époque Juan Diego Flórez. Longtemps cantonné au bel canto, le chanteur aborde aujourd’hui le répertoire romantique italien et français, comme ce sera le cas lors de son récital à Toulouse.


Jérôme Gac


Lundi 19 juin, 20h00, à la Halle aux Grains,
place Dupuy, Toulouse. Tel. : 05 61 21 09 00.


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